Poems by Henri Michaux


Le grand combat

Il l'emparouille et l'endosque contre terre;
Il le rague et le roup�te jusqu'� son dr�le;
Il le prat�le et le libucque et lui barufle les ouillais;
Il le tocarde et le marmine,
Le manage rape � ri et ripe � ra.
Enfin il l'�corcobalisse.

L'autre h�site, s'espudrine, se d�faisse, se torse et se ruine.
C'en sera bient�t fini de lui;
Il se reprise et s'emmargine... mais en vain
Le cerceau tombe qui a tant roul�.
Abrah! Abrah! Abrah!
Le pied a failli!
Le bras a cass�!
Le sang a coul�!
Fouille, fouille, fouille,
Dans la marmite de son ventre est un grand secret
M�g�res alentours qui pleurez dans vos mouchoirs;
On s'�tonne, on s'�tonne, on s'�tonne
Et on vous regarde
On cherche aussi, nous autres, le Grand Secret.


L'avenir

Quand les mah,
Quand les mah,
Les mar�cages,
Les mal�dictions,
Quand les mahahahahas,
Les mahahaborras,
Les mahahamaladihahas,
Les matratrimatratrihahas,
Les hondregordegarderies,
Les honcucarachoncus,
Les hordanoplopais de puru paru puru,
Les immonc�phales gloss�s,
Les poids, les pestes, les putr�factions,
Les n�croses, les carnages, les engloutissements,
Les visqueux, les �teints, les infects,
Quand le miel devenu pierreux,
Les banquises perdant du sang,
Les Juifs affol�s rachetant le Christ pr�cipitamment,,
L'Acropole, les casernes chang�es en choux,
Les regards en chauves-souris, ou bien barbel�s, en bo�te � clous,
De nouvelles mains en raz de mar�e,
D'autres vert�bres faites de moulins � vent,
Le jus de la joie se changeant en br�lure,
Les caresses en ravages lancinants, les organes du corps les mieux unis en duelsau sabre,
Le sable � la caresse rousse se retournant en plomb sur tous les amateurs deplage,
Les langues ti�des, promeneuses passionn�es, se changeant soit en couteaux,soit en durs cailloux,
Le bruit exquis des rivi�res qui coulent se changeant en for�ts de perroquetset de marteaux-pilons,
Quand l'�pouvantable-Implacable se d�bondant enfin,
Assoira ses mille fesses infectes sur ce Monde ferm�, centr�, et comme penduau clou,
Tournant, tournant sur lui-m�me sans jamais arriver � s'�chapper,
Quand, dernier rameau de l'Etre, la souffrance, pointe atroce, survivra seule,croissant en d�licatesse,
De plus en plus aigu� et intol�rable... et le N�ant t�tu tout autour quirecule comme la panique...
Oh! Malheur! Malheur!
Oh! Dernier souvenir, petite vie de chaque homme, petite vie de chaque animal,petites vies punctiformes;
Plus jamais.
Oh! Vide!
Oh! Espace! Espace non stratifi�... Oh! Espace, Espace!


Papa, fais tousser la baleine

� Papa, fais tousser la baleine �, dit l'enfant confiant.
Le tib�tain, sans r�pondre, sortit sa trompe � appeler
L'orage et nous f�mes copieusement mouill�s sous de grands �clairs.
Si la feuille chantait, elle tromperait l'oiseau.


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